Infections ostéo-articulaires : Facteurs responsables

La survenue des infections ostéoarticulaires implique toujours des conséquences sévères pour le patient. En effet, cela nécessite généralement une nouvelle intervention chirurgicale, associée à une antibiothérapie longue. Le pronostic de conservation du membre peut même être engagé dans certains cas (heureusement rares). Ainsi, cette question est un enjeu majeur, qui nécessite de tout entreprendre afin de tenter d’en limiter autant que possible la survenue.

 

L’infection ostéoarticulaire correspond à la conjonction entre une certaine fragilité individuelle, un germe contaminant (plus ou moins virulent), et une zone de fragilité (os, articulation…).

 

Modes de survenue des infections osseuses :

  • la contamination peut être directe, pendant l’opération. Le germe pénètre, pour une raison ou pour une autre, directement dans la plaie. Il peut également y pénétrer en postopératoire, à travers la cicatrice, notamment en cas de désunion de celle-ci (en cas d’hématome par exemple). On peut en rapprocher l’infection par contiguïté, par exemple en cas d’escarre à proximité d’un os. Les germes franchissent la barrière cutanée, et vont contaminer l’os en profondeur.

  • Contamination à distance. Tout foyer infectieux risque d’entraîner une propagation à distance, au niveau d’un matériel prothétique ou métallique. Le germe est transporté via la circulation sanguine, et vient migrer au niveau d’un matériel métallique. C’est l’exemple typique de la contamination d’une prothèse de genou secondaire à une infection d’un orteil, ou encore de l’infection d’une prothèse de hanche détectée quelques jours ou quelques semaines après un soin dentaire ou une infection urinaire.

 

Facteurs responsables d’une infection osseuse

Il faut savoir que toutes région opérée est contaminée par un certain nombre de germes. L’emploi d’un environnement aseptisé, la désinfection cutanée etc. ne permettent que de diminuer (de manière certes très importante) le taux de germes présents sur le site opéré. Pourtant, tous les patients ne s’infectent pas. Le taux d’infection en chirurgie orthopédique est en moyenne entre 0,1 et 1 %.

Les antibiotiques, donnés systématiquement en cas d’intervention chirurgicale, jouent un rôle important dans la prévention des infections.

Il existe néanmoins tout un ensemble de facteurs qui augmentent, dans certains cas et pour certains patients précis, le risque d’infection.

 

  • Facteurs liés aux patients

    • Facteurs de risques généraux : certaines « maladies » entraînent un sur-risque d’infection ; ces pathologies entravent en effet le fonctionnement du système immunitaire.

      • le diabète déséquilibré est un facteur majeur

      • le tabagisme actif également : le taux d’infection est deux fois plus important que chez un patient non-fumeur

      • la dénutrition participe également

      • la prise de traitements immunosuppresseurs ainsi que la corticothérapie (cortisone)

    • Facteurs locaux. Certains facteurs augmentent, de façon logique, le risque d’infection :

      • fracture ouverte, lésions contaminées, désunion de cicatrice en postopératoire… tous ces phénomènes vont faciliter l’entrée de germes en profondeur.

      • ancienne infection sur le même site. Un germe peut rester à l’état quiescent pendant plusieurs années (voire plusieurs dizaines d’années !) et ne se manifester à nouveau qu’à l’occasion d’une baisse des défenses immunitaires

      • problèmes artériels, qui vont entraver l’afflux sanguin, et donc restreindre l’apport de cellules immunitaires pour combattre une potentielle infection

  • Facteurs liés à la prise en charge. Il existe un ensemble de bonnes pratiques, dont l’application est indispensable pour diminuer le risque d’infection :

    • Environnement. Le bloc opératoire doit répondre à un certain nombre de normes : traitement de l’air en salle d’opération, aspirateur à particules au plafond, hyper-pression en salle d’interventions (par rapport aux salles attenantes)…

    • Soins. Qualité de la préparation cutanée du patient (un nombre important d’infections se fait avec les germes présents sur la peau du patient), changement régulier de gants de la part du chirurgien (les gants chirurgicaux ont tendance à se trouer régulièrement), absence de « faute » (c’est-à-dire ne pas toucher du matériel non stérile puis ensuite le champ opératoire)...

 

 

Ainsi, on dispose d’un ensemble de leviers sur lesquels agir afin de diminuer le risque d’infection. Au niveau du patient, il faut s’astreindre à équilibrer le diabète, arrêter le tabac etc. Du côté des soignants, il faut être irréprochable au niveau des pratiques. Enfin la direction de l’établissement doit veiller à la qualité de l’environnement, et notamment le fonctionnement des différents dispositifs au bloc opératoire. Enfin, de manière globale, il faut en permanence et dans chaque établissement, surveiller les taux d’infection et remettre en cause ses pratiques.

Ce n’est que en s’astreignant à cette discipline que l’on pourra gagner encore quelques dixièmes de % de taux d’infection…

VOIR aussi : 

Infections ostéo-articulaires : diagnostic et traitement

 
 
 

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